histoires et présent des moulins

le passé et l'actualité des moulins, leurs temps et sociétés

Les moulins de Saint-Martin-de-Queyrières

(selon  Vallouimages.com)
« La proximité de la Durance a très tôt permis l’installation de moulins hydrauliques dans le beau plan agricole sous Saint-Martin de Queyrières.

  • Le plus ancien, le moulin de Queyrières ou moulin de la Plaine, à l’extrémité aval de la plaine, remonte probablement au XVe siècle [attesté en 1600] et dépendait alors de la famille Daurelle du château de Queyrières. La bâtiment actuel date de la première moitié du XIXe siècle, la date de 1848  est gravée sur l’une des pierres du mur. Un canal, le canal du moulin, qui parcourait toute la plaine en bordure de la Durance depuis le Torrent de Saint-Sébastien, alimentait sa roue à aubes. Il avait une triple alimentation, sur la Durance, le Torrent de Saint-Sébastien et une source en face. Bien ancré dans le paysage, il délimite même avec la Durance le quartier d’Entre Aigues. Il en reste de beaux vestiges. Le moulin lui-même continua à être utilisé en tant que moulin communal jusqu’au début du XXe siècle où il fut abandonné au profit du moulin de Saint-Martin ou moulin de Saint-Sébastien, nom sous lequel il est plutôt connu. Sa bâtisse est assez vaste et possède encore les emplacements de ses deux jeux de meules. Un jeu de meules était destiné à moudre un mélange de seigle, d’avoine et de fèves pour l’alimentation des bêtes ; l’autre jeu servait à la production de farine pour l’alimentation humaine.
  • Un deuxième moulin, privé, le moulin Bermond, se situait un peu plus en amont sur le même canal d’amenée d’eau. Il n’en reste rien.
  • Il existait encore un troisième moulin qui disparut complètement lors de la construction de la déviation et dont la destination était la production de petit outillage et de clous. Il comportait forge et martinet et était alimenté par un canal d’irrigation, le canal de Villequi prenait sur le Torrent de Saint-Sébastien.

 

à St. Martin de Queyrières

photo : Hautes-Alpes insolites

  • Au début du XXe siècle, l’ingénieur Gilbert Planche, pionnier de la houille blanche dans le nord du département des Hautes Alpes, proposa à la municipalité en échange des droits d’eau – dont les prélèvements  auraient poser des problèmes pour garantir le fonctionnement du moulin,  d’abandonner le moulin hydraulique de la plaine, lequel nécessitait par ailleurs de gros investissements de la part de la commune, au profit d’une installation moderne assortie d’une scie battante, le tout fonctionnant à l’électricité fournie par la concession de la prise d’eau de Prellespour 99 années. Il fut construit à Saint-Sébastien vers 1911.
  • Le moulin de Saint-Sébastien était à la fois une meunerie et une scierie. Il fut utilisé pour la production de farine jusque dans les années 1960 et en tant que scierie jusque dans les années 1965/70. L’état de conservation de sa machinerie, des scies et de son équipement électrique est remarquable.
  • Louis Chorion fut l’un des derniers clients de la scierie dans les années 1960 et Martin Brunel le dernier meunier connu.
  • Le moulin de Saint-Sébastien abrite à la fois une meunerie et une scierie :
    • Côté meunerie, il comporte un magnifique tarare ou ventoir pour nettoyer le grain à moudre et le séparer de la balle ; deux moulins complets avec pour chacun : meule gisante et meule tournante ou barriquet, et trémie d’alimentation ; une potence pour retourner les meules et refaire les rainures ; un remarquable meuble blutoir avec encore ses soies pour séparer le son de la farine.
photo : Hautes - Alpes insolites

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  • Côté scierie, il est équipé, d’une part, d’une scie battante, d’un chariot sur rails pour déplacer les billons, et, d’autre part, d’une scie circulaire sur table. Le mouvement progressif du chariot équipé d’un système à cliquet permettait d’amener les billons à la scie battante.
photo : Hautes-Alpes insolites

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  • Un seul et unique moteur électrique situé en sous-sol entraînait, à l’aide d’un système complexe de courroies, toute la machinerie des deux scies, du chariot et des deux moulins. Un système d’embrayage également en sous-sol mais piloté du dessus permettait de faire fonctionner soit la partie meunerie, soit la partie scierie.
  • L’installation électrique d’origine se trouve encore à l’étage avec un remarquable transformateur d’époque (1915/20).
  • Dans un angle, se trouve aussi la chambre du meunier. Durant la période de fonctionnement du moulin (de début juillet pour le seigle à fin juillet, début août pour le blé), il travaillait en continu et dormait donc sur place.
  • Le moulin a toujours été communal mais il était baillé avec un contrat établi avec les mandataires. Il y en eut quatre différents en un soixantaine d’années de fonctionnement. Le dernier connu, Martin Brunel, avait par exemple dans son contrat l’obligation d’entretenir le moulin et de pratiquer des tarifs préférentiels pour les locaux.
  • Le moulin et ses installations font partie des  rares témoignages  techniques qui nous soient parvenus en excellent état de conservation. Ils aident à mieux comprendre l’intégration des nouvelles technologies du début du XXe siècle (passage de l’énergie hydraulique à l’énergie hydro-électrique, la fée électricité) pour un usage traditionnel (ancienne pratique de la meunerie par une organisation sociale communautaire). Le moulin de Saint-Sébastien est sans nul doute le premier électrifié de ce type à partir de  1911 dans les Hautes-Alpes.
  • Il n’est plus utilisé aujourd’hui, un projet d’écomusée pourrait être envisagé pour assurer sa reconversion à des fins touristiques et patrimoniales. Durant l’été, le moulin est un point d’information de l’Office de Tourisme du Pays des Écrins et se visite. »

Source : Vallouimages.com

Voir aussi :

Hautes-Alpes insolites

Fédération des Moulins de France