les moulins à eau

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les moulins du nord des Hautes-Alpes

Extrait d’un fragment dédié aux moulins du nord des Hautes-Alpes, publié par le Service de l’Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Direction générale des Affaires culturelles, PACA, 1999… lire l’article

le moteur hydraulique

Le moteur hydraulique, attesté en Europe depuis l’Antiquité, est plus ancien que le moulin à vent… lire l’article

origine et histoire des moulins à eau – I



Le moulin à eau a été attesté en Europe depuis l’antiquité…lire l’article

les meules

Une meule à grains est un objet technique, traditionnellement en pierre, qui permet le broyage, la trituration, le concassage, ou plus spécifiquement la mouture de diverses substances…lire l’article


Les moulins du nord des Hautes-Alpes

Extrait de L’habitat du nord des Hautes-Alpes
Marie-Pascale Mallé
L’Inventaire, 1999

Ouvrage réalisé par la direction régionale des Affaires culturelles, Service régional de l’Inventaire générale de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les citations et ouvrages de référence ne sont pas transcrites dans cette version. La publication est disponible dans la bibliothèque de l’Association ARJMS.

Le moulin communal du Casset (Le Monétier)

Le moulin communal du Casset (Le Monétier)

On hésite à classer les moulins parmi les édifices collectifs car, au XIXe siècle tout au moins, un certain nombre d’entre eux était privé. Ce fut le cas, par exemple, du moulin du Pied du Col (Villard-d’Arène) que les frères Jean-Baptiste et Félix Gonnet achetèrent à la famille Bret pour la somme de 8 000 F et que leurs veuves continuèrent à faire fonctionner en faisant appel à des meuniers salariés. D’autres moulins son la propriété d’une association des familles ; sans que l’on sache très bien si ce groupement correspond à la totalité des habitants d’un hameau ou d’un quartier. Un contrat daté du 23 septembre 1872 conservé par une famille de Plampinet (Névache) nous renseigne sur le fonctionnement de ces associations :

« Convention entre nous soussignés Jean Vallier d’une part et Jean Bellet, Bourin Joseph, Joseph Melchior Bellet, Albertin Joseph, François Prat Dauphin, Jean Laurençon, Guy Jean, Barthelemy Thomas, Eulalie Vallier veuve Prat, Prat François feu Joseph, Jules Laurençon, Peyrot François, avons convenu d’élever un moulin. Le sieur Jean Vallier s’engage à fournir l’emplacement du moulin, le parcours de l’eau, les bords de la bellière lui restant, les différents matériaux qui sont en sa possession comme les poids, les mesures, les fers restant de l’ancien moulin, les pierres meullières telles quelles sont et où elles sont ; il s’engage en outre à faire les corvées que nécessitera l’établissement de la bellière conjointement avec les autres associés et à participer aux débours qui se feront pour l’élévation et les achats dudit moulin.

Les autres soussignés s’engagent de leur côté :

  1. À faire des fouilles pour extraire les pierres meulières enfouies dans le gravier
  2. À charrier les matériaux, comme pierres, sable, bois à bâtir
  3. À faire un four à chaux
  4. À charrier les pierres pour un endiguement et enrochement et à les mettre en leur lieu et place
  5. À transporter les arbres pour les chenaux, à les ouvrer, à les mettre en place
  6. À acheter les différents meubles à l’usage d’un moulin à deux formes de pierres et d’une pierre à piler le grain
  7. À faire un blutoir et ses accessoires
  8. À faire les fouilles pour les fondations du susdit moulin et enfin à tous les travaux prévus et non prévus pour la construction. Ladite construction devra être faite dans le délai de trois ans. Si au but de ce temps le moulin n’est pas en voie d’achèvement, le terrain et les meubles fournis par le sieur Vallier lui retournent.

Les autres soussignés s’engagent en outre de commencer à charrier les matériaux l’hiver prochain par corvées qui seront commandées par Prat François Dauphin et Albertin Joseph. Les journées de corvée sont fixées comme il suit : un franc vingt-cinq centimes depuis le 1er novembre, jusqu’au trente avril et un franc soixante-quinze centimes depuis le 1er mai jusqu’au trente et un octobre.

Tout sociétaire qui ne participera pas à toutes les clauses et conditions ci-dessus énoncées perdra tous les droits sur le moulin et ne pourra réclamer aucune indemnité pour les travaux et les achats auxquels il aurait pu prendre part antérieurement. Le sieur Jean Vallier se réserve de ne livrer à la société les poids et les mesures qu’à l’entier achèvement du moulin. »

Roues horizontales en métal du moulin des Ribes (Freissinières)

Roues horizontales en métal du moulin des Ribes (Freissinières)

On voit que le fonctionnement de ce groupement, dont les membres vont utiliser le moulin à tour de rôle, est assez proche de celui des communautés d’habitants ; y compris dans l’organisation des corvées « commandées » par deux membres de l’association qui sont l’équivalent des procureurs. Les associations de ce type ont-elles servi, après la Révolution, à maintenir l’ancienne organisation des communautés d’habitants menacée par les nouveaux régimes municipaux ? En 1826, dans la commune de Saint-Chauffrey qui comptait alors une dizaine de moulins, un seul est désigné comme communal. Les autres sont déclarés « appartenant par indivis à une quinzaine ou une vingtaine d’habitants qui s’en servent alternativement, en automne seulement, pour la mouture du grain nécessaire à la subsistance de sept à huit mois d’hiver ».

Certains moulins sont qualifiés de « communaux », comme celui des Ribes (Freissinières) ou celui de Chantemerle (Saint-Chauffrey). S’agit-il vraiment d’édifices appartenant à la commune ou, comme les fours à pain, d’édifices « communs » relevant de la communauté des habitants d’un hameau ou d’un quartier ? Cela semble avoir été le cas à Névache où, sous l’Ancien Régime, chaque hameau possédait un moulin « banal » qui était en quelque sorte donné en gérance à un meunier. « Les consuls arrentaient les moulins de la communauté, généralement pour une durée de 6 ans, moyennant une rente annuelle qui variait de 6 à 10 livres environ. Celui qui en avait l’arrentement devait faire les réparations nécessaires, sauf en cas d’inondation. Dans ce dernier cas, elles incombaient à la communauté ». Vers 1930, le même auteur constatait qu’il n’existait plus à Névache qu’un seul moulin banal, « celui du hameau ou de la frairie de Ville-Basse ».

Le "moulin du bas" à Plampinet (Névache)

Le « moulin du bas » à Plampinet (Névache)

Privés ou communaux, les moulins étaient rarement situés au centre du village comme celui des Ribes (Freissinières) ou du chef-lieu de Puy-Saint-Vincent. Ils étaient plutôt construits à la périphérie des hameaux et s’égrenaient le long des canaux de dérivation dont ils partageaient l’eau. Ils étaient parfois si nombreux qu’ils finissaient par former de véritables hameaux comme au lieu-dit les Moulins à Arvieux. Les édifices qui actuellement paraissent isolés étaient aux XVIIIe et XIXe siècles encadrés, en amont et en aval, par d’autres établissements hydrauliques. On a du mal aujourd’hui à imaginer leur nombre ; les cartes du XVIIIe siècle en indiquent dix à quinze par commune. La plupart n’existent plus. Seules les anciennes meules, parfois abandonnées sur place, rappellent l’activité disparue.

Le moulin de Dormillouse (Freissinières)

Le moulin de Dormillouse (Freissinières)

Les nombreux moulins mentionnés sur les cartes du XVIIIe siècle actionnaient des foulons, des martinets, des forges, des scieries et surtout des meules à farine. La plupart n’étaient probablement que des très petites installations, semblables à celles encore visibles aux Prés (Puy-Saint-Vincent), aux Viollins ou à Dormillouse (Freissinières) : un petit bâtiment de plan carré, sans plafond, ne contenant qu’un jeu de meules et un blutoir, tous deux actionnés par la même petite roue horizontale en bois. Des ruines d’édifices de structure identique sont encore visibles aux Granges (Abriès) et à l’Echalp (Ristolas). La dizaine de moulins en indivision décrits à Saint-Chauffrey en 1826 sont « des édifices qui n’ont pas de blutoir, mais seulement une pierre tournante […] et ne sont d’aucun produit ».

Le moulin communal du Casset (Le Monétier), vue intérieure

Le moulin communal du Casset (Le Monétier), vue intérieure

Le moulin des Prés (Puy-Saint-Vincent)

Le moulin des Prés (Puy-Saint-Vincent)

Ces petits moulins, qui ne produisaient souvent qu’une farine médiocre, ont progressivement disparu au profit des plus gros établissements. La plupart des moulins qui existent encore contiennent deux jeux de meules à farine de taille différente, l’un pour la farine panifiable, l’autre pour la farine réservée aux animaux, un coffre pour le son, un autre coffre pour les farines d’orge et d’avoine et un ou deux blutoirs. Tous ces édifices comportent en outre une « pierre à piler », auge circulaire dans laquelle tournait une meule tronconique nommée pistoou dans l’Embrunais et en Vallouise. Dans l’ensemble de la région, la « pierre à piler » servait à produire du gruau d’orge et d’avoine (appelé tchélé à Cervières et pitane à Villar-d’Arène), qui était consommée en soupe et en bouillie. Mais, en fonction des ressources locales, elle avait bien d’autres utilisations. Dans la Vallée de la Durance où croissent les arbres fruitiers, elle était parfois utilisée pour écraser pommes et poires en vue de la fabrication de cidre. Dans la même région, elle servait surtout à réduire en pâte les cerneaux des noix écalées en famille pendant les veillées. Les moulins des Ribes (Freissinières) et de Saint-Crépin comportaient d’ailleurs, en plus des installations déjà citées, un poêle ou était chauffée la pâte de noix et un pressoir à huile à vis directe verticale. Dans le Briançonnais, trop froid pour les noyers, la « pierre à piler » servait à produire l’huile de marmote, extraite des amandons du marmotier ou prunier de Briançon (qu’il ne faut pas confondre avec une autre matière grasse également utilisée dans la région, la graisse de muret ou marmotte). Dans les vallées sans noyer, on extrayait d’ailleurs de l’huile de toutes les graines oléagineuses dont on disposait (lin, œillette, etc.). Enfin, certains auteurs citent des usages locaux aussi variés qu’inattendus : à Saint-Chauffrey la meule à gruau servait à battre la graisse de la vache que l’on tuait et salait chaque année, afin d’aplatir en pains plus faciles à ranger et à utiliser. À Cervières, la lourde du barité permettait d’extraire les graines du sainfoin et du trèfle pour les semences de l’année suivante. À Saint-Véran, elle était parfois utilisée pour foulonner les draps de laine tissés à la maison.

Pierre à piler aux Moulins (Arvieux)

Pierre à piler aux Moulins (Arvieux)

Les productions d’huile et de farine étaient généralement associées. Nous n’avons recensé qu’un seul exemple de moulin exclusivement réservé à la production d’huile de noix, celui de Prelles (Saint-Martin-de-Queyrières) qui contient le seul pressoir à huile de noix à levier observé dans la région. Mais il a pu en exister d’autres. Françoise Moyrand-Gattefossé mentionne deux moulins à huile à Saint-Chaffrey, l’un Sous-le-Pont, appartenant à la famille Astier, l’autre à l’Envers de Chantemerle.

Régulièrement détruits par les inondations, les moulins ont été reconstruits à maintes reprises. Ceux qui subsistent ont souvent été modernisés dans la seconde moitié du XIXe siècle : les meules de granite ou de grés extraites de carrières locales ont alors été délaissées au profit de meules plus performantes, de provenance étrangère que le chemin de fer permettait d’importer. En 1894, la communauté des habitants du hameau de Brunissard (Arvieux) s’entend avec un certain Turin, mécanicien à Villeneuve (La Salle ?) pour la construction d’un moulin banal qui sera équipé d’un jeu de meules « dites pierres blanches provenant des carrières de la Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne) » pour la farine panifiable ; d’un jeu de « meules communes ou dites pierres noires ou de pays » provenant de Villeneuve pour la farine réservée aux animaux ; de deux lourdes (meules à piler), provenant également de Villeneuve, « pour le concassage des gruaux et de l’orge perlé ». Les pierres ainsi que les autres fournitures et les trois rouets ou turbines en fonte sont transportés par chemin de fer jusqu’à Montdauphin puis acheminés à Arvieux par la route.

Dans le même temps, les roues à aube et les engrenages en bois ont été remplacés par des mécanismes métalliques et les anciens treuils en mélèze, utilisés pour basculer la meule tournante afin d’en retailler les stries, ont fait place à un système de potence et de pinces métalliques de fabrication industrielle. Malgré ces améliorations, les roues hydrauliques sont restées horizontales et de petite taille. L’eau, dérivée des torrents, y était amenée par un chenal en bois creusé dans un demi-tronc d’arbre.

La céréaliculture a fortement régressé pendant la première moitié du XXe siècle et des nombreux moulins ont cessé de fonctionner. Les problèmes de ravitaillement de la Seconde Guerre mondiale ont permis la remise en état de quelques-uns d’entre eux, qui connurent alors un regain d’animation de courte durée. La plupart cessèrent leur activité dans les années 1950. Les inondations de 1957, qui détruisirent de nombreuses installations, découragèrent les derniers meuniers.


Le moteur hydraulique

Le moteur hydraulique, attesté en Europe depuis l’Antiquité (il est décrit dans le Traité d’architecture de Vitruve qui distingue les moulins à roues horizontales et à roues verticales), est plus ancien que le moulin à vent. La plus ancienne machine à eau connue utilisant un système de bielles et manivelles est représentée sur un bas-relief du IIIe siècle après J.-C. à Hiérapolis en Turquie. La scierie de Hiérapolis employait une paire de scies destinées à couper de la pierre. Au Moyen Âge, le moteur hydraulique se développe parallèlement à la disparition de l’esclavage, à partir du IXe siècle : l’utilisation de l’énergie hydraulique plutôt qu’animale ou humaine permet une productivité sans comparaison avec celle disponible dans l’Antiquité (chaque meule d’un moulin à eau peut moudre 150 kg de blé à l’heure ce qui correspond au travail de 40 esclaves et le moulin antique a encore des vitesses de meule lentes). Le passage à des moulins à rythme rapide (roue réceptrice devenue plus petite que la roue émettrice), à grande roue (grands rayons et grande pales assemblées se substituant aux pales monoxyles) caractérise cette période médiévale, depuis les moulins à eau carolingiens (tel celui d’Audun-le-Tiche), jusqu’aux moteurs du XIIIe siècle équipés d’arbres à cames qui permettent d’autres utilisations que le « moulin bladier » (pour la mouture des céréales : blé, seigle, orge), l’hydraulique étendant son domaine d’application à toutes les activités mécaniques (scie ou martinet hydraulique, métallurgie, foulon). Au moins jusque dans les années 1700, on appelait « orbillion » « les endroits où il y a des pieux, ou de vieux vestiges de pieux, dans une rivière où il y a eu un moulin, ou quelque autre édifice que la suite des temps a ruinez ». Les « huissiez de justice »pouvaient mettre en demeure les riverains ou propriétaires de les entretenir ou démolir pour qu’ils ne puissent pas « blesser les bateaux ». Le moteur hydraulique, tout comme le moulin à vent, a été progressivement abandonné au XIXe siècle au profit de la machine à vapeur, puis du moteur électrique. Certains moteurs qui entraînaient mécaniquement les machines d’une usine, ont été remplacés par des turbines hydrauliques, produisant l’énergie électrique capable d’entraîner des machines plus modernes, ce qui a permis d’améliorer les rendements tout en tirant l’énergie primaire du même cours d’eau. Aller aux articles disponibles.

source : Wikipedia


Origine et histoire des moulins à eau – I



Le moulin à eau, attesté en Europe depuis l’antiquité (il est décrit dans le traité d’architecture de Vitruve) est plus ancien que le moulin à vent. La plus ancienne machine à eau connue utilisant un système de bielles et manivelles est représentée sur un bas-relief du IIIe siècle après J.-C. à Hiérapolis en Turquie. Elle actionnait une paire de scies destinées à couper la pierre.

L’invention de la meule remonte à la plus haute antiquité. Une grande pierre plate servait pour étaler les grains de blé, une petite pierre ronde tenue à la main pour les écraser.

Les moulins à eau apparurent probablement deux siècles avant notre ère. Les Romains imaginèrent de les placer près des rivières et de faire tourner les meules en utilisant la force du courant par l’intermédiaire de grosses roues.

Le moulin à eau a précédé dans l’histoire le moulin à vent mais s’est surtout développé en Europe au moyen âge. La noria, roue dont les aubes sont mues par le courant et l’élèvent par la forme creuse des palettes est attestée dans l’antiquité pour l’irrigation. Vitruve, architecte romain du Ier siècle avant J.-C. en donne des descriptions.

Avant le moulin à eau



Depuis le Néolithique, l’homme cultive les céréales. Il se sédentarise, l’agriculture se développe. La farine devient alors la nourriture de base pour la confection de galettes et de bouillies.

La première technique utilisée fut le concassage. Il est difficile de déterminer quand et où la pierre cylindrique munie d’un manche fit son apparition, mais on en a retrouvé des exemples dans les ruines de Pompéi. Au cours des siècles, le mouvement circulaire manuel ne cessa de se développer. On imagina d’introduire le grain par le centre évidé de la meule supérieure, ce fut le moulin à bras. On inventa des manèges auxquels on attelait des esclaves ou des animaux (chevaux, ânes, vaches) pour faire tourner des meules plus grosses. Ce furent les moulins à sang.

L’invention du moulin à eau

On ne sait pas précisément quand et où fut utilisé le premier moulin à eau, ni qui est son inventeur. Selon les historiens, le moulin à eau serait le détournement d’un mécanisme d’irrigation. En effet, l’une des plus anciennes utilisations de l’énergie hydraulique est celle des roues élévatrices qui permettent d’amener une partie de l’eau servant à les mouvoir jusque dans des conduites d’irrigation.

La première mention d’un moulin à eau est faite en l’an 18 avant J.-C. dans le palais que Mithridate fait construire à Cabire. Un peu plus tard, Vitruve décrit un moulin à roue verticale puis Pline signale des moulins sur les rivières italiennes.

En France le nombre des moulins à eau connaît une extension énorme au Moyen Âge, entre de Xe et le XIIIe siècle. C’est la fin des grands systèmes esclavagistes entre l’Antiquité et le Moyen-Âge et l’augmentation de la population dans les villes qui sont les causes principales du développement du moulin à eau. On peut ajouter un facteur agricole : l’expansion des cultures céréalières qui se développent sur les terres gagnées par le défrichement et le glissement de la culture des blés vêtus (épeautre) vers le blé non vêtu (seigle, froment) qui se prêtent mieux à la mouture.

Une innovation plus importante encore apparaît au XIe siècle. On connaissait depuis Héron d’Alexandrie, l’emploi des cames pour transmettre le mouvement. Équipé de ce dispositif, l’arbre horizontal de la roue hydraulique transforme celle-ci en un véritable moteur industriel, le seul en usage jusqu’à l’invention de la machine à vapeur.

Au Moyen-Âge la plupart des moulins à eau sont d’origine seigneuriale ou dépendent de monastère. Cependant, à partir du Xe siècle, les seigneurs, usant de leurs pouvoirs de commandement (appelé « le ban »), instaurent à leur profit certains monopoles. Le plus ancien et le plus répandu est celui du moulin banal : tout le blé récolté dans un certain périmètre du moulin doit y être amené et moulu contre redevance. C’est le droit de « banalité ».

À la Révolution, la vente des biens de l’Église et des nobles permet aux meuniers assez aisés de racheter leurs moulins à l’État. C’est aussi à partir de cette époque et surtout au XIXe siècle que des paysans en construisirent pour moudre les céréales du hameau, du village ou parfois simplement pour leur famille.

 

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La plus ancienne machine connue utilisant un système de bielles et manivelles

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source : http://www.si.suevres.com/actualite2815.html?id=80


Meules

Une meule à grains est un objet technique, traditionnellement en pierre, qui permet le broyage, la trituration, le concassage, ou plus spécifiquement la mouture de diverses substances.

Fonctionnement de l’auget dans une meule

Auget

2. Auget (=Esclop) 4. Manche de l’auget terminé par le cabalet 5. Babillard (=Frayon, Cornilhet, Fuseau ou Quenouille) 6. Œillard 7. Meule tournante

2. Auget (=Esclop)
4. Manche de l’auget terminé par le cabalet
5. Babillard (=Frayon, Cornilhet, Fuseau ou Quenouille)
6. Œillard
7. Meule tournante

 

Selon les lieux et les époques, la meule de pierre fut utilisée pour la mouture « sèche » : dans la fabrication de la farine, du sucre ou des épices, mais aussi pour la préparation des kaolins, ciments, phosphates, chaux, émaux, engrais et autres minerais. L’opération de mouture peut également être réalisée « humide », comme pour la semoule de blé dur, le nixtamal ou le broyage des graines de moutarde. Lors de leur préparation, certaines matières premières permettent d’obtenir une pâte qui devient naturellement fluide, par exemple dans la trituration des olives ou le concassage du cacao.

Souvent qualifiée de « plus vieille des industries », l’utilisation de la meule de pierre est indissociable de l’histoire humaine. Intégrée depuis la fin du Paléolithique à des processus alimentaires, son usage est resté constant jusqu’à la fin du XIXe siècle, où elle fut progressivement remplacée par des outils métalliques d’un genre nouveau. Pourtant, elle est toujours visible dans des installations domestiques ou rurales, comme en Inde, où 300 millions de femmes employaient quotidiennement des moulins à bras pour la production de farine en 2002. Aller aux articles disponibles.

source : Wikipedia, dont l’article complet se trouve ici. Author des graphiques : supermanu