l'expérience à Billebaud

raisons d’un projet de restauration

l’association :

Dans un souci de continuité avec diverses actions menées par la commune, l’association de sauvegarde et de mise en valeur de Saint-Clément-sur-Guye, propriétaire d’un ancien moulin aujourd’hui en ruine, souhaite le restaurer. Cette association est régie par la loi du 1er janvier 1901. Parmi ses différents objectifs, notons qu’elle soutient toute action tendant à protéger, à sauver et à mettre en valeur les monuments ayant un intérêt archéologique, historique et architectural. L’association a déjà à son actif diverses actions de restauration, notamment celles de cadoles (anciennes cabanes de vigne en pierre sèche) et d’une maison en centre bourg. Elle réalise également des manifestations ponctuelles comme l’organisation d’expositions, de conférences ou de concerts dans l’église romane. Le site internet de l’association est un support destiné à récolter des fonds auprès de mécènes pour la restauration du moulin Billebaud. Ces fonds sont indispensables pour compléter les subventions.

la typologie du moulin :

L’accès au rez-de-chaussée se faisait par une ouverture orientée au sud. L’embrasure extérieure, couverte d’un linteau en bois était large de 1,37 m et haute de 1,83 m. L’épaisseur de la maçonnerie étant d’environ 1 m, une succession d’arrière linteaux en bois était nécessaire.

L’accès au 1er étage se faisait par une entrée surélevée à 2,25 m du sol extérieur et orientée à l’est-sud-est. L’embrasure extérieure, dotée d’un encadrement en pierre de taille, était large d’environ 1 m et haute de 2,51 m. Le linteau, aujourd’hui brisé, avait sa face extérieure taillée à la courbe. Cinquante centimètres plus bas, une dalle transversale formait avec le linteau une imposte barrée longitudinalement d’un barreau en fer. Une autre dalle marquait le seuil de l’entrée. Un escalier en bois ou une échelle complétait l’installation.

Le parement extérieur de la maçonnerie était en assises régulières de moellons et de plaquettes à la face externe dressée. Les trous de boulins ayant servi à la pose de l’échafaudage lors de la construction étaient visibles à un intervalle de plus ou moins 2 m, sur trois niveaux. La toiture primitive du moulin était probablement du même type que les moulins-tours, calotte conique couverte en tavaillons ou en tuiles plates et orientable à l’aide d’une longue queue ou levier de manœuvre.

La toiture existant en 1990 était une bâtière de tuiles mécaniques portée par une faîtière orientée est-nord-est et sur chaque versant par deux pannes intermédiaires et une panne sablière.

L’organisation intérieure devait être la suivante :

– Au rez-de-chaussée il y avait la cave-entrepôt où étaient déchargés les ânes et les mulets.

– Le 1er étage servait de salle d’habitation avec une cheminée au nord-est et un placard au nord, éléments de confort indispensables à une occupation temporaire.

– Le 2e étage devait supporter les meules et l’arbre de transmission. Ce second plancher n’existait plus en 1990 mais des trous de boulins en attestaient l’existence antérieure. On y accédait par un escalier de 17 marches saillantes encastrées dans la paroi.

pourquoi réhabiliter ce moulin ?

Le moulin Billebaud, nom de son propriétaire avant 1910, a vu sa toiture s’effondrer en 1994 et ses murs se dégradent aujourd’hui encore. L’association de sauvegarde et de mise en valeur de Saint-Clément-sur-Guye, propriétaire de la ruine et d’une petite surface de terrain depuis 1994, veut sauver ce monument qui représente pour le village un intérêt historique et architectural. À la suite de ce constat, l’association a invité diverses personnes et organismes à visiter le site et le moulin. Le service départemental de l’architecture et du patrimoine, par l’intermédiaire de M. Guillaume, architecte des bâtiments de France, a manifesté son intérêt à la fois pour la beauté du site et pour la rareté des derniers vestiges de moulins à vent en Saône-et-Loire. Il estime donc, lui aussi, que le moulin doit être restauré et rééquipé en machineries et ailes.

M. Combier, directeur de recherche honoraire au CNRS, soutient également ce projet, trouvant le moulin « admirablement placé sur la crête ventée qui surplombe le village et le vallon de Vaux-en-Pré » et insistant sur le fait que la plupart des moulins à vent de Bourgogne méridionale ont disparu.

D’autre part, le SIVOM (Syndicat intercommunal à vocation multiple) devenu Communauté de communes autour du Mont-Saint-Vincent ayant engagé un schéma d’aménagement, d’environnement et de développement touristique, son président, M. Girardon précise que la restauration du moulin donnerait un atout supplémentaire aux projets de développement de randonnées pédestres.

Au-delà de ces encouragements, la réhabilitation du moulin Billebaud a pour but de s’insérer dans un projet global communal de développement touristique rural. En effet, à la suite de la restauration de l’auberge du village, un projet de dégustation de produits spécifiques au bourg est en œuvre. La fabrication de la farine, puis du pain, dans le village est un des maillons de la chaîne de développement de ces produits du terroir. Le moulin a également pour vocation l’information des élèves et des touristes sur les pratiques et les savoir-faire d’autrefois permettant de comprendre l’utilité des énergies renouvelables et le regain d’intérêt que suscitent celles-ci aujourd’hui.

source : le moulin de Billebaud


Genre: histoire des moulins
Série: histoire |